PANAMA

Dernier pays d'Amérique central, Panama rime pour nous avec ferry. Depuis le Guatemala nous croisons de plus en plus de voyageurs qui ont eu la chance d'y embarquer leurs camping-cars. Alors, si nous parlons de chance c'est que ce ferry très récent et au fonctionnement incertain pourrait nous coûter 4 à 5 fois moins cher que le cargo prévu initialement.
En termes d'activités et de visites nous n'avions pas prévus grand-chose pour ce pays que nous pensions juste de passage mais en fait, il nous réservera quelques bonnes surprises et de bons moments.

La frontière

Nous avons passé encore pas mal de temps à la frontière mais cette fois ci, c'était bien plus agréable. En effet nous avons croisé Eric et Catherine, des français qui remontaient vers le Costa Rica et avec qui nous avons échangé pleins de tuyaux et de guides touristiques. Ce pays n'est donc plus un simple pays à traverser mais beaucoup de choses nous y attendent, nous y passerons beaucoup plus de temps que prévu. Le pont ci-contre n'est plus réservé qu'aux piétons, heureusement.
Juste après la frontière, le GPS nous a indiqué le chemin de droite censé être plus court que celui de gauche, c'était une farce pour savoir si nous avions encore les nerfs solides car nous avons été obligés de passer 4 passerelles comme celle-ci.
Bonjour l'angoisse en entendant les planches craquer!

Un peu de détente

Après la frontière, nous avons cherché un bivouac à Almirante, une ville peu attrayante au premier abord puis avons trouvé, sur les conseils d'une personne, une place bien sympa sur le port. Charlie et Thomas ont commencé une partie pêche puis un petit copain pêcheur est arrivé et a montré à Charlie sa méthode (pas très efficace au passage). 
Le lendemain, en route pour Caldera, nous savons qu'il y a des eaux thermales et Sandra à grande envie d'y faire un baptême. La route qui y mène est charmante, elle permet de profiter des paysages de la cordillère de Talamanca et du Volcan Baru. Les bougainvillées sont présents partout tout comme ces magnifiques arbres roses dont nous ne connaissons pas le nom. Sur place, comme prévu, il faut payer un droit de passage pour accéder aux eaux qui sont sur une propriété privée. Le coin est charmant et le propriétaire nous précise que nous pouvons, si nous le souhaitons, dormir sur le parking. Les pozos sont petits mais il y a peu de monde et 5-10 minutes d'eau chaude (38-40°) invitent à aller se jeter dans le rio voisin pour se faire circuler le sang. Nous ferons donc trois allers retours chaud-froid et repartirons complètement détendus. Au passage, Charlie a fait son baptême de buffle. La ferme possède un buffle de 2000 livres à la langue bleue doux comme un chaton. Il n'a pas bougé une oreille lorsqu'on lui a mis Charlie sur le dos. Il a dû penser que c'était un oiseau...

De Boquete à El Valle

Nous avons gentiment avancé en passant par Boquete qui nous a accueillis devant la bibliothèque pour une nuit et une matinée pour profiter de la connexion internet. Le temps d'une visite dans "Mi Jardin es su jardin" un jardin particulier fort joli ouvert gratuitement aux passants.

Penonome devait être un bivouac ordinaire sur le chemin de Panama City. Nous étions sur le parking d'un supermarché pour y faire quelques courses quand un français nous aborde et nous invite presque aussitôt à dormir chez lui. Nous venons de faire la connaissance de Jean-Jacques, un français récemment installé à Penonome après plusieurs années de voyage en voilier. Sa piscine a eu vite fait de nous faire oublier les allées du supermarché. Que dire de sa chambre d'amis et de sa grande douche italienne? Seuls les voyageurs au long cours peuvent connaître la vraie valeur de ces choses. Nous passerons donc la soirée à parler voyage dans cette maison où nous nous sentons comme chez nous. Merci Jean-Jacques.

Sur les conseils de Jean-Jacques, nous ferons un petit détour par El Valle, petit village bien agréable, logé dans le cratère d'un vieux volcan. Ce sera pour nous l'occasion de refaire des eaux thermales avec boue pour le visage. Décidemment, à quand la cure thermale?
Un petit passage par le serpentario qui recueille les serpents trouvés ou malades nous apprendra comment reconnaitre d'un seul coup d'oeil ceux qui sont à éviter. La visite est intéressante car guidé par un biologiste passionné.

Panama City et Colon: le temps des corvées!

Une fois de plus, passage obligatoire par une grande ville, d'avance nous savons qu'il nous faudra de la patience ne serait-ce que pour circuler et se garer. Notre seule visite ici sera les écluses de Miraflores sur le canal de Panama. La visite est très intéressante et avons eu la chance de voir passer de beaux bateaux.
Cette ville est capitale pour nous (oh le jeu de mot) car nous allons devoir réserver nos billets pour le Ferry. Le premier problème c'est que nous sommes samedi et que la DIJ, l'organisme délivrant les certificats pour les véhicules étrangers ne rouvrira que lundi. Bon, c'est pas grave nous irons passer le week end sur la plage. Grosse erreur, les plages à l'ouest de la ville sont toutes plus moches et inaccessibles les unes que les autres. Comble du comble, quand vous pensez avoir trouvé un endroit acceptable, vous vous rendez compte, mais bien trop tard, que c'est le point de chute de tous les jeunes sortant de boite et qui continuent à s'en mettre plein les oreilles et plein le foie en bord de plage. La nuit a donc été pourrie et nos pieds n'ont même pas touché l'eau.
Le lundi et le mardi, nous ferons les formalités administratives pour le bateau que nous ne sommes toujours pas sûr de prendre: quel stress. Finalement, nous aurons nos billets mardi midi et partons directement pour Colon d'où nous prendrons le ferry le lendemain. Sur place, le temps s'est étiré à l'infini puisque nous avons attendu 10h pendant lesquelles presque rien ne s'est passé. Et ne comptez pas vous promener à Colon sauf à vouloir prendre des risques.
Les derniers jours au Panama n'auront pas été les meilleurs de notre voyage mais finiront quand même bien puisque le ferry tant convoité nous aura fait économiser plusieurs milliers d'euros par rapport au cargo. Donc tous les efforts auront bien valu la peine.
Amérique du sud nous voilà!!

Bilan du Panama

Contrairement à ce que nous pensions au départ, nous avons fait plus que traverser. Jusqu'à Panama City, on peut dire que le pays est agréable et les gens accueillants mais au fur et à mesure que l'on se rapproche de la capitale, la musique change. La circulation devient infernale et les gens de moins en moins sympa. Il faut croire que le phénomène "grandes villes" s'applique aussi ici et sûrement même plus qu'ailleurs. Les commerçants parlent mal, certains ne vous regardent même pas alors que vous êtes quand même là pour leur donner votre argent. Enfin, heureusement, il y a tout le reste. Ce que nous avons vu des paysages nous a beaucoup plu et la partie mer que constituent tous les archipels doit valoir le détour. Pour nous, ce sera une autre fois.

Temps passé: 11 jours
Km parcourus: 1600 Km

Les plus:

  • Paysages variés
  • Accueil des panaméens (sauf à Panama city)

Les moins:

  • Pays encore un peu cher.
  • Commerçants désagréables dans l'ensemble