Les premiers jours en Bolivie

Ça passe ou ça casse...

Cette frontière est pour nous un peu particulière, et génère davantage d’appréhension que pour d’autres pays. Pourquoi me direz-vous ? Simplement parce que les blogs de voyageurs passés dans ce pays relatent souvent le même genre de problème. Bien sûr il ne s’agit pas là de craintes pour notre sécurité mais d’autres désagréments qui peuvent gâcher un séjour. Les problèmes en questions sont très liés au camping-car. Les voyageurs en sac à dos rencontrés n’ayant pas eu ce genre de problème étaient ravis de leur séjour. Mais quels sont ces problèmes ?
 1) le passage aux frontières qui peut durer si vous ne faites pas vos bonnes œuvres à la police.
2) le diesel difficile à obtenir ou 3 fois plus cher pour les plaques étrangères.
3) Les routes difficiles et parfois bloquées par des manifestations.
Nous attendons aussi de voir les réactions de la population face aux étrangers qui peuvent être plus que déplacées voir racistes. (Retour d’autres voyageurs). Mais comme tout est diffèrent d’un voyageur à un autre, nous déciderons de tenter l’expérience et si cela nous plait pas nous ferons comme certains, nous partirons.

L'entrée dans le pays

Nous entrons dans le pays par le petit poste frontière peu avant Copacabana, nous sommes quasi seuls et il ne nous faudra guère plus de 15 mins pour être en Bolivie. La police a quand même tenté un «  su contribucion volontaria por favor ! » Mais c’était après nous avoir remis les papiers tamponnés, dommage ! La frontière c’est bon ! Notre seule appréhension maintenant demeure l’assurance que nous n’avons pas pu prendre depuis le Pérou et qu’il n’y a pas bien évidemment à la frontière. Ça attendra La Paz, nous avons une adresse ici. C’est parti pour Copacabana, pour l’essence on verra plus tard le réservoir est plein et la soute renferme plus de 80 litres de réserve.

Lac Titicaca bis

Nous revoilà sur le lac Titicaca, nous y retrouvons 2 couples Français. Un en camping-car qui va au Pérou et des cyclo touristes qui viennent comme nous tout juste d’entrer en Bolivie, et un couple chiliens/québécois remontant également vers le Pérou. Nous passerons la soirée autour d’un feu à s’échanger nos bons plans. Rien d'exceptionnel à Copacabana sinon l'occasion de voir tous ces véhicules venus se faire baptisé. Assez insolite.
Petit bivouac au bord du lac
Voiture fraichement baptisée.

Copacabana est la première ville après la frontière, très touristique, c’est essentiellement de là où les excursions partent pour l’Isla Del Sol. Pour la suite deux choix s’offrent à nous. Soit retrouver le village pour mettre Charlie à l’école soit aller sur Tiwanaku pour la fête du solstice d’hiver, d’après le routard c’est l’une des plus belles fêtes de Bolivie pour célébrer le passage à l’hiver. Nous opterons pour la deuxième solution. Nous savons que nous y retrouverons Julia et Laurent les cyclo touristes. Nous les trouvons fort sympathiques, nous leurs proposons donc de faire la route avec nous en embarquant leurs vélo dans le CC. 

Allez, on charge!!

La route pour Tiwanaku est bien plus courte en repassant par le Pérou mais nous ne tenterons pas le diable et emprunterons les routes boliviennes et les barges boliviennes pour traverser un petit bout de lac. L'occasion nous era donnée de faire un dernier bivouac au bord du lac, sympa mais bien froid (une pensée pour ceux qui dorment dans la tente). 

Tiwanaku: RDV avec le soleil...

Le lendemain, nous arriverons tranquillement sur Tiwanaku, les festivités se préparent, nous aussi. Nous devrons quand même changer de place car nous sommes garés sur l’héliport du président Evo Morales. Une fois n’est pas coutume nous bivouaquerons avec d’autres français : Michèle et Dorine. Nous atterrissons tous ensemble chez une charmante dame Lucia qui nous proposera son jardin gracieusement.
Il est 17h et nous entendons la ville qui commence à s'agiter pour et à se préparer à l'hiver. Nous sentons que tous les gens présents ici vont faire la fête toute la nuit en attendant le lever du soleil. Ça va picoler sévère pendant la nuit, faut bien se réchauffer.
Plus modestement, nous ferons quelques tours en ville histoire de palper l'excitation collective et aussi d'avaler quelques bières (que pour une fois j'aurais bien voulu tièdes) et quelques saucisses venues d'une autre planète.
Retour au CC déjà très froid et réveil réglé sur 5h30. Ce sera violent mais il parait que la file d'attente débute à 4h00!!

Un France-Bolivie improvisé sur "l'héliport"
Un p'tit verre avant d'affronter le froid.
RDV dans quelques heures pour le lever.

... et avec l'hiver aussi.

Levés à 5 heures du matin, Habillés à 5 heures, et oui nous avons dormis tous habillés ! Il fait très froid, 0°C le matin dans le camping-car, d’ailleurs, au moment de partir la chaudière s’est mise en vidange automatique ! Le lendemain nous mettrons quand même le chauffage même si nous essayons d’économiser notre gaz car par ici le remplissage à l’air encore plus compliqué que l’essence. Nous rajouterons des couches car les rayons du soleil ne sont pas prêts d’arriver. Bonnets, gants, écharpes et couvertures sur les épaules et c’est parti pour notre mission levé du soleil. Dans les rues les gens continuent comme la veille à faire la fête, des feux de camps sont postés tout le long de la route afin de se réchauffer tout en faisant la queue. 
Très longue attente...

L’attente fût longue, même très longue avant de voir le jour mais le soleil n’était pas encore sorti, enfin si mais pas encore assez haut pour passer la colline devant nous. Les dernières minutes avant les premiers rayons furent inoubliables, sur fond de prières en Aymara résonant dans tout le site, des centaines de mains étaient levées pour accueillir les rayons salvateurs, grosse chair de poule et pas que pour le froid. L’émotion fût à son comble dès les premiers rayons. Nous pouvions lire que sur certains visages, ce lever de soleil, le même que la veille, revêtait une importance toute particulière.

Le moment fût émouvant mais il est vrai que nous attendions peut être un peu plus de cérémonie. Le moment fort résidant vraiment dans l’attente du soleil. Cette attente fût éprouvante pour nous tous, Charlie étaient au bord des larmes entre la fatigue et le froid qui était tellement saisissant. Presque tout de suite après le lever, la foule s’est dirigée vers ce grand feu tout prêt à recevoir les offrandes.

Délivrance!!!
Un p'tit som avant la suite.

C’est au centre-ville que se sont poursuivis les différents défilés des différentes communautés. Musique et danse sont de rigueurs mais un poil cacophonique. Le marché de la place nous donnera l’occasion de croiser l’une de ces personnes qui ne voit pas les étrangers du bon œil. Alors que Sandra demandait à prendre en photo des robes sur un stand elle fut sermonnée par la vendeuse. Les arguments de la femme n’étant pas suffisamment convaincants à nos yeux, nous prendrons la photo quand même. La prochaine fois elle trouvera mieux que « c’est interdit car vous êtes étrangers et exportez notre culture chez vous ! » nous vous passons des commentaires désagréables mais heureusement que tous ne sont pas comme ça ! Ce fût la seule mauvaise rencontre du jour. D’autres sont venus nous parler, même nous offrir à boire. Tiwanacu fut une étape très intéressante et il est l’heure pour nous de reprendre la route vers La Paz. Nous quittons aussi Julia et Laurent, nous les croiserons peut être ailleurs.