Les parcs nationaux tome 1: 

Rocky Montain

C'est ici que nous avons découvert ce qu'était un parc national américain. On a beau s'imaginer plein de trucs, on est toujours loin de la vraie ambiance. C'est comme de regarder les experts Miami et d'aller ensuite à Miami, y'a un décalage.
Tout commence par le panneau de bienvenue, suivent les panneaux d'avertissement sur les animaux à ne pas nourrir et la nature à respecter et enfin, arrivent les péages qui vous permettent d'accéder au cœur du parc. A ce moment, vous êtes accueilli tout sourire par un Ranger un vrai, qui vous remet carte et guide du parc. Ca y est, vous êtes rentrés!!! Et c'était beaucoup plus simple que la douane... L'entrée de Rocky Montain est de 20$ mais nous avons opté pour le pass annuel à 80$ qui donne accès pendant 1 an à tous les parcs nationaux. Le pass concerne le camping-car et tous ses occupants.
Objectif 1: trouver un camping et une place.
La première inquiétude arrive dans la foulée lorsque nous voyons cette belle pancarte FULL à l'entrée du camping. Après quelques mots échangés avec le Ranger (décidemment ils sont partout!) il s'avère qu'il y a de la place pour notre CC qu'ils appellent RV pour recreational vehicle. La bonne surprise c'est que les prix sont raisonnables 20$ par nuits. Pour les commodités par contre, il faudra repasser, nous sommes dans un camping primitif après tout!! De l'eau froide et des toilettes sèches, c'est tout. Nous avons tout ce dont nous avons besoin dans le camion mais nous n'aurions pas craché sur du wi-fi. L'ambiance ici est NATURE et nous oublions bien vite internet en voyant arriver timidement les tamias curieux de voir ce que nous laisserons tomber par terre. Mais NON, vous n'aurez rien, nous ne voulons pas avoir d'ennuis avec les Ranger hihi! Il faut quand même être vigilant car ils ne sont finalement pas si timides et très gourmands.
Objectif 2: Faire de belles balades.
Dans un parc comme celui-ci, rien de plus simples. Il suffit d'en choisir une sur le guide qui sera fonction du niveau de difficulté et de ce qu'on veut voir. Et en avant!! Nous y allons doucement pour que nos petites jambes et le moral de Charlie ne prennent pas trop d'un coup. Au final, nos jambes supportent bien les miles. Charlie ronchonne parfois mais heureusement la venue d'un tamia ou d'une bestiole lui redonne des ailes. Merci les bébêtes.  

Bilan: un premier parc vraiment très agréable et reposant avec un camping en pleine nature et des balades mêlant plaine et forêt, un régal. Nous avons vu plein d'animaux (marmotte, serpents, oiseaux et insectes divers). Les milliers de miles pour y arriver ont vite été oubliés. Pas un seul touriste français, seulement des américains venus pêcher et se détendre regardant notre CC européen comme s'ils voyaient une soucoupe volante.

Capitol Reef

Deuxième parc du marathon et déjà les décors changent. Remarquez 450 miles nous séparent de Rocky Montain. Nous sommes désormais dans l'Utah.
Juste avant notre arrivée au visitor center nous avons fait étape dans un des vergers de l'Oasis Fruita. Le principe est simple: vous manger ce que vous voulez sur place et vous pesez et payez ce que vous emportez. Personne n'est là pour surveiller, tout fonctionne sur le respect et sur l'honnêteté. Nous sommes donc repartis avec quelques Kg de pommes et de pêches pour une poignée de dollars.
Nous ne dormirons qu'une nuit mais aurons le temps de faire une super rando dans le fond d'un canyon. La route y menant fût une première pour le camion puisqu'elle n'était pas goudronnée. Gare aux trous!!
Le camping au bord de rivière a permis à Charlie de se rafraichir les pieds dans une eau rouge, comme un avant-goût du Colorado. Ce type de camping n'est pas habité que de campeurs mais aussi d'animaux qui s'y sentent comme chez eux. Chevreuils et colibris nous ont tenu compagnie le temps d'une étape.

La route 12

Ce n'est pas un parc mais entre Capitol Reef et Bryce Canyon, il serait impardonable de ne pas passer par cette route 12. A elle seule, c'est une visite sur près de 110 miles. Tantôt dans la forêt, tantôt en plein désert, nous traversons des paysages qui nous laissent rêveur. Notre imagination ne peut qu'aller aux films de western de notre enfance. Parfois en se prend à guetter le haut des montagnes plates pour voir si une silhouette d'indien ne s'y profile pas. Jamais la route ne nous a tant captivés, ni l'un ni l'autre n'avons laissé notre tour de conduite! Exceptionnellement Charlie est passé devant avec maman pour profiter pleinement du paysage.

Bryce Canyon

Ici on sent que la masse de touristes est bien différente de ce qu'on a vu jusqu'alors. ça parle français de partout et même les américains sont différents, nous sommes dans un vrai coin touristique. Je ne me lasse pas de la réaction des français qui voient notre plaque d'immatriculation.
Pour ce qui est du décor, on comprend vite l'affluence. Ce parc n'a décidemment rien avoir avec les autres. "Bryce n'est pas vraiment un canyon mais un plateau calcaire, ciselé par l'érosion en une fantastique armée de cheminées de fées, colonnes rocheuses déchiquetées aux couleurs variant du jaune orangé au rouge profond. Oscillant selon lhumeur du soleil, la palette de tons est infinies." (le Routard) Vous l'aurez comprit, Bryce est un incontournable, un vrai régal pour les yeux et même tous les sens. Cependant, cette ambiance minérale est celle dont nous pourrions nous lasser le plus vite. Le côté arride peut-être? Nous nous étions habitués à la présence des bébêtes. Heureusement le camping en pleine forêt a comblé ce manque.
Notre seul regret au final c'est d'avoir été là en même temps que trop de gens. Nous aurions dû faire nos randonnées bien plus tôt car c'est la première fois qu'il fallait laisser passer des gens ou attendre son tour pour prendre des photos. En changeant notre itinéraire, nous n'avions pas pensé à ça. Espérons que le phénomène ne s'amplifie pas dans la parcs encore plus grands.
Charlie a assisté à sa première activité de Ranger Junior sur les chauves-souris.
Ce parc nous a aussi donné l'occasion de voir des chiens de prairie dans leur élément naturel.

Zion

Nous l'attendions avec impatience tant on nous en avait parlé. C'est après avoir franchi un tunnel étroit creusé dans la montagne qu'on découvre le canyon vu d'en haut en descendant une route sinueuse. La ville et les campings se trouvent en bas ce qui veut dire que les randonnées montent à l'inverse de beaucoup d'autres où l'on démarre d'en haut.
Comme nous le présentions ce parc est très fréquenté mais nous avons beaucoup moins ressentit l'affluence lors de nos randonnées. C'est peut-être aussi parce-que nous avons chaussé de très bonne heure et que notre choix de randonné est passé de moderate à strenuous: 9Km et 450m de dénivelé. Pour les 800 derniers mètres de randonnée, les crêtes et le vide ont eu raison de Sandra qui nous a laissé finir entre hommes. Histoire de lui donner mal aux tripes elle a quand même eu droit aux vidéos de Charlie escaladant vers le sommet. 
La fin du séjour à Zion a été pluvieuse mais pas de panique, nous en avons profité pour faire le musée et ainsi en apprendre plus sur les colons Mormons et les Indiens. Charlie a suivi sa 2ème activité (et nous aussi d'ailleurs) avec un Ranger sur la géologie du canyon et sa formation: super intéressant. Et voilà, il est déjà temps de quitter Zion pour rejoindre le Grand Canyon, nous sommes impatients.

Grand Canyon

Avant même d'y arriver il faut choisir l'entrée du parc Nord, sud est ou ouest. Et c'est très important car si le Canyon est dit Grand c'est qu'il l'est et la route qui le parcours est longue de 445Km (chiffre officiel) Nous arrivons de Zion, nous optons tout naturellement par l'entrée Est, qui nous fera ensuite naviguer vers le Grand Canyon Village à 42 Km de là. Nous verrons le Canyon par sa face sud. Nous entrons donc par Desert view, premier point de vue du Canyon. Après déjà quatre parcs et la route 12, nous pensions nos yeux habitués aux grands espaces, il y avait encore plus grand!!! C'est vraiment impressionnant, ce n'est pas seulement de voir loin ou d'être haut, c'est autre chose. Un énorme "fossé" creusé par l'eau qui peut atteindre 1829m de profondeur et 29Km de large. On se croirait sur une autre planète. On croirait un décor figé. Et là, on se dit qu'il faut descendre voir le Colorado qui coule dans le fond (qu'on ne voit pas d'ailleurs d'où on est). On prend alors le guide des randonnées et le Canyon exprime la aussi toute sa grandeur. Les consignes sont très claires, vous ne pourrez pas descendre au fond du Canyon et remonter le même jour!! Ah bon? "Et oui mon bon monsieur, il vous faudra camper en bas et remonter le lendemain. Avant cela, il faut demander une autorisation pour dormir dans le Canyon et avoir réservé jusqu'à 4 mois à l'avance le camping primitif situé tout en bas. La descente vous prendra 3-4h mais le remontée bien plus, sans compter qu'à cette période le soleil commence à taper dur dès 10h."Ok, nous allons opter pour la petite descente: 10Km et 645m de dénivelé. Heureusement que ce n'était pas notre première rando car nous en avons quand même sué mais les 4-6 heures prévues ont été "avalées" en 3h30!!! Nous avons presque regretté de ne pas être descendus plus bas. Le problème c'est qu'à descendre d'abord on ne sait pas trop ce qui nous attend pour remonter, nous avons choisi d'être raisonnables mais ça nous donne un point de repère de nos performances pour les rando suivantes.

Bilan: le Grand Canyon est réellement un incontournable, une chose que l'on a jamais vu ailleurs. Pourtant des montagnes et des immensités on en a déjà vu mais là, c'est différent.
Par contre, les randonnées en descendant sont frustrantes. D'abord, on préfèrerait être en bas et s'épuiser à monter pour mériter la vue alors que là, la vue, tout le monde peut la voir même en restant dans sa voiture. Ensuite, ce n'est pas évident de descendre et de jauger sa capacité à pouvoir remonter et tout ça pour quoi, "juste" pour voir le fond du Canyon? Nous exagérons sûrement un peu, peut-être parce que nous sommes frustrés de ne pas y être allé justemement dans le fond. Une prochaine fois peut-être...